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  • Par Philippe LEVASSEUR

Et pourquoi pas ?


Surpris, incrédules, inquiets puis résignés, ainsi furent tour à tour nos sentiments récents depuis que le rideau est tombé sur notre passion vécue du plus profond de notre enfance par expérience ou hérédité.

Alors, après le cauchemar de la peur ou de la privation, je viens de faire un rêve "étrange et pénétrant"....

Et si après le raz de marée catastrophique qui s'est abattu sur le plus populaire des sports hippiques : les courses, si après ce bouleversement, elles n'allaient pas renaitre de leurs cendres comme à la belle époque...

Forts de ce vide et la mort approchée, les propriétaires de chevaux que nous sommes ne vont-ils pas redevenir les gentlemen désinteressés qui pour l'honneur ou presque faisaient courir leurs chevaux face aux écuries voisines...

Avec cette crise, les programmes de courses vont enfin refavoriser les engagements des écuries régionales. En toutes chose, malheur est bon parfois... Merci à nos responsables qui se sont mobilisés dans ce sens.

Et si nous courons confinés dans un premier temps, l'écran magique d'Equidia se rallumera bien vite pour raviver nos flammes.

Les entraineurs ou driveurs qui animent nos rêves vont peiner encore plus puisqu'il s'agit de leur unique activité.

A nous, propriétaires ou éleveurs qui ne faisons qu'entretenir une passion facultative et souvent déficitaire, de les aider encore plus.

A nous de réinstaller avec eux, une relation intime, sportive et fidèle comme au bon vieux temps des grandes familles du trot.

A nous de reconnaitre enfin à sa juste valeur, leur art, les risques, les embuches du métier.

Je propose ainsi qu'à la "libération", avant le départ de la première course, de nos tribunes se lèvent des applaudissements unanimes...

Oui, pourquoi ne pas vous confier cette "humeur du jour" parce que je vous avoue m'être réfugié désespérément sur Equidia face aux images de purs-sangs chiliens ou des trotteurs nordiques tellement le manque de voir et maintenant approcher nos champions ou espoirs me tenaille....

Alors pourquoi pas ?

Se renouveler, s'adapter, oublier un rêve d'équilibre financier qui de toute façon n'était qu'éphémère...

Ce n'est pas le glas, mais l'heure a sonné de rendre aux courses et à leurs acteurs ses titres de noblesse.

Le cheval, lui, ne les a jamais perdu...

Et un tuyau, si en attendant vous devez rester chez vous et souhaitez retrouver la splendeur du sport hippique, l'odeur du cuir et de la paille fraiche, replongez-vous ou découvrez le livre qui m'a aidé ces dernières semaines : "L'Ecuyer mirobolant de Jérôme Garcin". Sa plume vous fera revivre une passion, une dignité qui nous animent en allant jusqu'au bout de ce que l'on aime. l'abandonner serait déraison....

Philippe Levasseur

Président de la Société des courses d'Amiens, propriétaire et passionné de courses hippiques


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